Déclaration Droits de l’Homme Le Committee for Justice (CFJ) exprime sa vive condamnation suite aux jugements rendus jeudi dernier par le Tribunal de première instance de Kénitra, condamnant 14 étudiants et étudiantes de l’Université Ibn Tofail à deux mois de prison ferme et à une amende de 500 dirhams chacun. Le comité souligne que la poursuite de ces étudiants, suite à des manifestations pacifiques revendiquant le report des examens, s’inscrit dans une tendance à la « criminalisation de l’action syndicale » et à l’imposition d’une approche sécuritaire au sein de l’espace universitaire.
Le comité estime que le prononcé de peines de prison ferme contre des étudiants, qu’ils aient été poursuivis en état de détention ou en liberté provisoire, constitue une violation flagrante de l’article 29 de la Constitution marocaine garantissant les libertés de réunion et de manifestation pacifique. Ces mesures compromettent le rôle de l’université en tant qu’espace de libre débat et visent à intimider le mouvement estudiantin dans ses revendications académiques et sociales légitimes.
Le comité affirme que l’emprisonnement d’étudiants en raison de leurs activités syndicales est incompatible avec l’article 21 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques et l’article 11 de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples. Par conséquent, le Committee for Justice (CFJ) appelle les autorités marocaines à libérer immédiatement les étudiants détenus, à abandonner toutes les poursuites à leur encontre, et à garantir le droit à l’organisation syndicale estudiantine à l’abri de toute politique de harcèlement ou de procès pénaux.



