Déclaration Droits de l’Homme Le Committee for Justice (CFJ) exprime sa ferme condamnation suite au jugement rendu par le Tribunal de première instance de Safi, condamnant l’activiste et blogueur Yassine Benchakroun à six mois de prison ferme et à une amende de 2000 dirhams. Le comité souligne que la poursuite de M. Benchakroun en état de détention, en raison de publications critiques portant sur les politiques publiques d’institutions étatiques, s’inscrit dans une tendance de harcèlement continu contre les voix dissidentes sur les plateformes numériques.
Le comité estime que la qualification des critiques visant les institutions publiques comme « outrage à des corps constitués », conformément aux articles 263 et 265 du Code pénal, constitue une instrumentalisation abusive des textes juridiques pour museler la liberté d’expression. Le comité condamne également l’interdiction par les autorités locales de Safi du rassemblement de solidarité pacifique qui devait se tenir en marge du procès, ce qui représente une double violation de l’article 25 de la Constitution marocaine garantissant la liberté d’expression, et de l’article 29 garantissant le droit de manifester pacifiquement.
Le comité affirme que cette peine privative de liberté est incompatible avec l’article 19 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques et l’article 9 de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples. Par conséquent, le Committee for Justice (CFJ) appelle les autorités marocaines à libérer immédiatement Yassine Benchakroun, à abandonner les charges retenues contre lui, et demande une réforme du Code pénal afin de l’harmoniser avec l’esprit de la Constitution et les engagements internationaux du Royaume en matière de droits de l’homme.



