Nouakchott – Genève (18 juin 2026) : Le Committee for Justice (CFJ) salue la résolution adoptée par le Forum de participation des ONG lors de la 87ème Session ordinaire de la Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples (CADHP), tenue à Banjul (Gambie) du 7 au 9 mai 2026, sous la référence CRES/004/05/26, portant sur la situation des droits de l’homme en Mauritanie. Le CFJ considère cette résolution régionale comme une condamnation internationale majeure de l’approche sécuritaire et de l’escalade des violations systématiques commises dans le pays au cours de la période 2025–2026.
Le Comité attire l’attention sur l’approche juridique rigoureuse de la résolution africaine, qui fustige les violations graves de la Charte Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples (ratifiée par la Mauritanie en 1986). Le document documente les violations systématiques perpétrées contre les migrants subsahariens, notamment l’expulsion collective et inhumaine de plus de 28 000 personnes vers le Mali et le Sénégal, ainsi que des actes de torture et de détention arbitraire. De plus, la résolution met en exergue la persistance de pratiques analogues à l’esclavage et de discriminations de caste visant les communautés Haratines, ainsi que la répression des voix qui dénoncent l’esclavage des mineurs.
Le CFJ s’associe au Forum africain pour condamner fermement le harcèlement des défenseurs des droits de l’homme, en particulier la détention de la journaliste et activiste Warda Ahmed Slimane, ainsi que des militants Ablaye Ba, Dienaba Ndiom et des membres de l’IRA-Mauritanie. Le Comité fustige également la violation de l’immunité parlementaire constitutionnelle (articles 50–57) à travers l’arrestation nocturne et la détention au secret des députés Mariem Cheikh Samba Dieng (enlevée avec son nourrisson) et Gamo Achour Salem, ainsi que l’usage excessif de la force contre les manifestations estudiantines (UGEM) et les militants du parti Tahadi.
En conséquence, le Committee for Justice (CFJ) exhorte les autorités mauritaniennes à se conformer immédiatement aux dispositions de la résolution africaine et exige :
- La libération immédiate et inconditionnelle de tous les défenseurs des droits de l’homme arbitrairement détenus, des militants de l’IRA-Mauritanie et de Mme Warda Ahmed Slimane, ainsi que le respect de l’immunité constitutionnelle des parlementaires.
- L’ouverture d’enquêtes indépendantes et transparentes sur les violations commises contre les migrants subsahariens, les pratiques d’esclavage héréditaire et la répression des manifestations pacifiques, afin de traduire les responsables en justice.
- L’adoption de réformes législatives urgentes, incluant la révision du cadre légal régissant les manifestations publiques, l’interdiction explicite des expulsions collectives de migrants, et la protection des défenseurs des droits de l’homme.
- La mise en œuvre de mesures concrètes pour les groupes vulnérables, notamment les communautés Haratines, la création d’un mécanisme national de suivi et la ratification du protocole à la Charte africaine relatif à l’esclavage moderne.



