Nouakchott – Genève (25 juillet) : Le Committee for Justice (CFJ) exprime sa vive condamnation suite à la dispersion par la force d’un sit-in pacifique organisé près de l’hôpital Hamad Ben Khalifa à Boutilimit par les forces de sécurité mauritaniennes. Le CFJ dénonce les arrestations arbitraires ayant ciblé des professionnels des médias et des blogueurs, ainsi que le déploiement de renforts sécuritaires face à un mouvement pacifique.
Le Comité attire l’attention sur le fait que l’arrestation du journaliste Souleymane Bazid Ahmoud et du blogueur Yaacoub Ould Sidi El Mokhtar est intervenue sur instructions directes du procureur de la République à Rosso. Le Comité souligne que le recours à la force et aux arrestations systématiques pour étouffer des revendications sociales ou citoyennes pacifiques constitue une escalade injustifiée, en contradiction avec les normes internationales de protection de l’espace civique.
Le CFJ affirme que l’interdiction des rassemblements pacifiques et la détention de journalistes ou d’acteurs numériques en raison de leur couverture ou participation à des protestations violent l’article 10 de la Constitution mauritanienne, ainsi que les articles 9 et 10 de la Charte Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples.
En conséquence, le Committee for Justice (CFJ) exige des autorités mauritaniennes :
- La libération immédiate et inconditionnelle du journaliste Souleymane Bazid Ahmoud et du blogueur Yaacoub Ould Sidi El Mokhtar, ainsi que l’abandon de toutes les poursuites à leur encontre.
- L’arrêt immédiat du recours à la force pour disperser les sit-in pacifiques et le respect du droit constitutionnel des citoyens à manifester.
- La fin de l’instrumentalisation de l’appareil judiciaire et sécuritaire comme outil d’intimidation contre les journalistes, les blogueurs et les défenseurs des droits de l’homme.
- L’ouverture d’un dialogue transparent avec les manifestants pour répondre à leurs revendications légitimes au lieu de privilégier la réponse sécuritaire.



