Déclaration Droits de l’Homme Le Committee for Justice (CFJ) documente avec une préoccupation majeure la décision de la société chargée de la gestion de la gare routière centrale de Marrakech de procéder au licenciement collectif de 46 employés, à quelques jours de l’inauguration de la nouvelle gare du quartier El Azzouzia. Le comité souligne que la résiliation unilatérale des contrats de travail, sans préavis légal ni indemnités de licenciement appropriées, constitue une violation grave des droits fondamentaux du travail et expose des dizaines de familles à une précarité socio-économique directe.
Les données collectées révèlent que cette mesure touche différentes catégories de personnel (personnel administratif, agents de nettoyage, agents de sécurité, travailleuses), dont des employés cumulant de nombreuses années de service ou proches de l’âge de la retraite, ainsi que des travailleurs informels impactés par ce transfert. Le comité rappelle que le refus de transférer les contrats ou d’intégrer les employés au sein de la nouvelle entité de gestion du service public contourne les principes fondamentaux du Code du travail marocain, notamment son article 19 qui dispose que les contrats de travail subsistent entre le salarié et le nouvel employeur en cas de modification de la situation juridique de l’entreprise.
Le comité estime que ces licenciements collectifs abusifs contreviennent à l’article 31 de la Constitution marocaine, qui impose aux pouvoirs publics de mobiliser les moyens pour garantir le droit au travail et la stabilité professionnelle. De plus, ces pratiques violent l’article 6 du Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels protégeant le droit au travail contre toute privation arbitraire, ainsi que la convention n° 158 de l’Organisation internationale du Travail (OIT) relative à la cessation de la relation de travail à l’initiative de l’employeur.
Par conséquent, le Committee for Justice (CFJ) appelle les autorités locales de la région de Marrakech-Safi et le Conseil communal de Marrakech à intervenir en urgence pour suspendre ces décisions de licenciement et saisir la commission provinciale de conciliation des conflits du travail. Le comité préconise le maintien des emplois et la recherche de solutions sociales et juridiques équitables garantissant le droit au travail et préervant la dignité socio-économique des familles impactées.



