Nouakchott – Genève (10 octobre 2026) : Le Committee for Justice (CFJ) s’associe pleinement à la déclaration de la Rapporteuse spéciale de l’ONU sur la situation des défenseurs des droits de l’homme, Andrea Bolaños, pour exprimer sa profonde vive préoccupation et sa ferme condamnation suite à la décision de la Cour suprême mauritanienne, rendue le 29 septembre, confirmant la peine complémentaire de privation des droits civiques et politiques pendant cinq ans à l’encontre des députées et militantes anti-esclavagistes du mouvement IRA, Mariem Cheikh Samba Dieng et Gamou Achour Salem.
Le CFJ attire l’attention sur la gravité du maintien des pénalités complémentaires visant des élues du peuple pour leur engagement pacifique contre l’esclavage et les discriminations, en dépit de leur libération sous grâce présidentielle le 10 juillet dernier. Le Comité souligne que l’utilisation de condamnations judiciaires pour déchoir des parlementaires de leur mandat constitue une instrumentalisation grave de l’appareil judiciaire visant à museler l’opposition et les défenseurs des droits humains.
Le CFJ rappelle aux autorités mauritaniennes que la privation des droits civils et politiques infligée à ces deux députées viole ouvertement les articles 10 et 13 de la Constitution mauritanienne, qui garantissent les libertés individuelles et l’exercice politique. Elle contredit également les articles 19 et 25 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, l’article 13 de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples, ainsi que les articles 1 et 12 de la Déclaration de l’ONU sur les défenseurs des droits de l’homme.
En conséquence, le Committee for Justice (CFJ) exige des autorités mauritaniennes :
- L’application immédiate des recommandations des experts de l’ONU en rétablissant pleinement et sans condition les droits civiques, politiques et parlementaires de Mariem Cheikh Dieng et Gamou Achour Salem.
- L’arrêt définitif du recours aux peines complémentaires privatives de droits comme outil d’éviction des défenseurs des droits humains et des militants anti-esclavagistes de l’espace public.
- La mise en place de garanties effectives de protection permettant aux défenseurs des droits humains d’exercer librement leur mission sans crainte de représailles ou de harcèlement judiciaire.



