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Mauritanie : Le « Committee for Justice » condamne l’agression contre les manifestants devant le tribunal de Nouakchott et exige une enquête indépendante sur l’usage de substances chimiques

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Nouakchott – Genève  : Le Committee for Justice (CFJ) exprime sa vive condamnation et sa profonde préoccupation face à la violente répression menée ce matin, mercredi 1er juillet 2026, par les forces de sécurité mauritaniennes devant le tribunal de Nouakchott-Ouest. Cette agression a ciblé un rassemblement pacifique organisé en solidarité avec les deux députées Mariem Cheikh et Gamo Achour, à l’occasion de leur comparution. Le CFJ considère cette escalade sécuritaire comme une violation flagrante de l’État de droit et des libertés fondamentales.

Le Comité attire l’attention sur les graves violations procédurales qui ont émaillé l’incident. Les autorités ont d’abord interdit l’accès du public et des sympathisants à la salle d’audience, violant ainsi le principe constitutionnel et international de la publicité des débats judiciaires. La situation a dégénéré vers 13h00 lorsque la police a mené une attaque directe et ciblée contre le président du mouvement IRA et député, M. Biram Dah Abeid, alors qu’il s’adressait aux manifestants. Les forces de l’ordre ont projeté une substance chimique nocive d’origine inconnue directement dans ses yeux, avant de passer à tabac des dizaines de militants. Cette intervention a fait de nombreux blessés souffrant de fractures, de plaies et d’évanouissements (parmi lesquels : Leila Ahmed Khalifa, Yahfadh Cheikhna, Habib Mokhtar, Abdallahi Hemdi, et Ali Bilal). Le CFJ s’inquiète par ailleurs des rapports signalant des réticences de la part du personnel médical de l’Hôpital National à administrer les soins urgents requis et à identifier la substance chimique, ce qui s’apparente à une tentative d’altérer les preuves pour garantir l’impunité des auteurs.

Le CFJ affirme que l’usage de substances chimiques non identifiées et l’agression physique des manifestants pacifiques violent les articles 4, 5, 9 et 10 de la Charte Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples, qui proscrivent la torture et garantissent l’intégrité physique, la liberté d’expression et de réunion pacifique. Ces pratiques contreviennent également au « Code de conduite des Nations Unies pour les responsables de l’application des lois ».

En conséquence, le Committee for Justice (CFJ) demande aux autorités mauritaniennes :

  1. L’ouverture immédiate d’une enquête indépendante, impartiale et transparente pour identifier la nature de la substance chimique projetée sur les manifestants et traduire les responsables en justice.
  2. L’obligation pour les services hospitaliers de fournir sans délai des soins médicaux complets à tous les blessés et de délivrer des rapports médicaux légaux neutres documentant les traumatismes subis.
  3. Le respect du principe de la publicité des procès et l’arrêt de la militarisation des abords des tribunaux visant à empêcher les citoyens et les observateurs d’assister aux audiences.
  4. La fin de l’usage excessif de la force et des politiques d’intimidation contre l’opposition politique et les militants des droits de l’homme, conformément aux engagements internationaux de la Mauritanie.

For more information and media requests or inquiries, please get in touch with us (+41229403538 / media@cfjustice.org)

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