Genève – Nouakchott: Le Committee for Justice (CFJ) exprime sa profonde consternation face à la vague alarmante de crimes sexuels et de viols effroyables ciblant les femmes et les jeunes filles mineures en Mauritanie au cours du mois de septembre 2026, touchant parfois des enfants âgées de seulement 5 et 7 ans, ainsi que des personnes vulnérables souffrant de handicaps mentaux.
« De plus, les données de terrain documentées et publiées par l’Association des Femmes Chefs de Famille (AFCF) font état d’une série de graves agressions sexuelles enregistrées dans plusieurs quartiers de la capitale Nouakchott (Toujounine, Tarhil, Dar El Beïda et Ksar) ainsi qu’à Nouadhibou ; ayant entraîné, dans certains cas, le coma des victimes, leur prise en charge en soins intensifs et la réalisation d’interventions chirurgicales complexes. »
Le CFJ affirme que la répétition de ces crimes odieux dans les zones marginalisées souligne les failles structurelles du système de protection, aggravées par l’enlisement législatif entourant le projet de loi relatif à la protection des femmes et des filles contre les violences (Loi Karama). Le CFJ met également en garde contre les arrangements coutumiers et les pressions sociales visant au retrait des plaintes, qui alimentent la culture de l’impunité.
Le CFJ rappelle aux autorités mauritaniennes que l’absence de protection effective constitue une violation de l’article 13 de la Constitution mauritanienne, ainsi qu’un manquement aux engagements internationaux issus des articles 19 et 34 de la Convention relative aux droits de l’enfant (CDE), de la CEDAW, et de l’article 4 du Protocole de Maputo.
En conséquence, le Committee for Justice (CFJ) exige des autorités mauritaniennes :
- Des poursuites judiciaires rigoureuses : L’application des peines les plus sévères contre les auteurs de crimes sexuels, sans possibilité de remises de peine ou d’arrangements extrajudiciaires.
- L’adoption immédiate du projet de loi « Karama » : La promulgation sans délai d’un cadre législatif complet luttant contre les violences basées sur le genre.
- Une prise en charge intégrale des victimes : La garantie d’une assistance médicale, psychologique, sociale et juridique gratuite pour les victimes et leurs familles.
- La criminalisation de la médiation coutumière : L’interdiction stricte de toute tentative de conciliation ou de retrait de plainte dans les affaires de crimes sexuels.
- Le renforcement des mesures de sécurité préventives : Une présence policière accrue et la création de commissariats spécialisés dans les quartiers périphériques et précarisés.



