Maseru, Lesotho | 14 octobre 2026
Le Committee for Justice – CFJ participe à la 48ᵉ session ordinaire du Comité africain d’experts sur les droits et le bien-être de l’enfant (CAEDBE), qui se tient à Maseru, au Royaume du Lesotho, du 13 au 20 octobre 2026.
Cette participation s’inscrit dans la volonté du CFJ de renforcer sa coopération avec les mécanismes africains de protection des droits humains, de promouvoir la lutte contre l’impunité des violations commises à l’encontre des enfants et de contribuer à une meilleure prise en compte de leurs droits dans les politiques publiques et les mécanismes régionaux de suivi.
Au cours de cette session, le CFJ prend part aux échanges avec les membres du Comité africain, les organisations de la société civile, les experts des droits de l’enfant et les autres acteurs régionaux concernés. Ces discussions portent notamment sur la mise en œuvre effective de la Charte africaine des droits et du bien-être de l’enfant et sur les moyens de renforcer la coopération entre les institutions africaines et les organisations indépendantes de défense des droits humains.
Le CFJ entend particulièrement attirer l’attention sur la situation des enfants exposés à des violations graves de leurs droits fondamentaux, notamment la détention arbitraire, la torture et les mauvais traitements, les disparitions forcées et les différentes formes de discrimination. L’organisation souligne que le respect des engagements internationaux et régionaux des États ne saurait se limiter à l’adoption de textes législatifs, mais doit se traduire par des mesures concrètes de prévention, de protection et de réparation.
La situation des droits de l’enfant en Égypte constitue également un volet important de la participation du CFJ, dans le contexte de l’examen du rapport périodique de l’État égyptien par le Comité africain.
À cette occasion, le CFJ souhaite contribuer à une évaluation indépendante de la mise en œuvre des obligations de l’Égypte au titre de la Charte africaine, en mettant en lumière les préoccupations relatives aux enfants victimes de détention arbitraire, de disparition forcée, de torture ou de mauvais traitements, ainsi qu’aux conditions de détention dans les prisons et autres lieux de privation de liberté.
L’organisation souligne également les conséquences des violations commises à l’encontre des parents et des membres de la famille sur les droits et le bien-être des enfants, notamment en matière de protection, de santé psychologique, d’éducation, de vie familiale et de développement.
Une attention particulière est portée à la situation des enfants appartenant à des minorités religieuses, notamment à la communauté baha’ie. Le CFJ rappelle que l’article 3 de la Charte africaine des droits et du bien-être de l’enfant garantit à chaque enfant la jouissance des droits reconnus par la Charte, sans distinction fondée notamment sur la religion ou les convictions.
Par ailleurs, cette participation s’inscrit dans la continuité des démarches entreprises par le CFJ pour favoriser l’accès des victimes aux mécanismes africains de protection. Elle fait notamment suite à la communication introduite conjointement avec Robert F. Kennedy Human Rights et la Fondation du Sinaï pour les droits humains concernant des allégations de violations des droits d’un enfant en Égypte.
Pour le CFJ, la procédure d’examen des rapports périodiques des États et le mécanisme des communications constituent deux instruments complémentaires permettant au Comité africain d’apprécier le respect des obligations conventionnelles, d’identifier les violations et de contribuer à la mise en place de recours effectifs.
Ahmed Mefreh, directeur exécutif du Comité pour la justice, a déclaré :
« Notre participation à cette session traduit notre conviction que les mécanismes africains doivent jouer un rôle déterminant dans la protection des enfants et dans la lutte contre l’impunité. En Égypte, les écarts entre les engagements juridiques de l’État et la réalité vécue par de nombreux enfants demeurent préoccupants. Les enfants victimes de détention arbitraire, de disparition forcée ou de discrimination, tout comme ceux qui subissent les conséquences des violations commises contre leurs familles, ne doivent pas être les oubliés des processus de suivi des engagements des États. La coopération avec une société civile indépendante est indispensable pour que leurs situations soient prises en compte et que les responsabilités soient établies. »
Ahmed Mefreh a également souligné que l’examen du rapport périodique de l’Égypte représentait une occasion importante d’évaluer, au-delà des engagements officiellement annoncés, l’efficacité réelle des lois, des politiques et des pratiques nationales en matière de protection de l’enfance, en particulier pour les enfants exposés à la discrimination, à l’exclusion ou à des violations graves de leurs droits.
À travers sa participation à cette 48ᵉ session ordinaire, le CFJ réaffirme sa volonté de consolider ses relations avec le Comité africain et les autres mécanismes régionaux de protection des droits humains, tout en favorisant une participation accrue des organisations indépendantes de la société civile aux processus de suivi et de responsabilisation des États.
Le CFJ appelle à accorder une attention renforcée aux violations documentées des droits de l’enfant, à prévenir toute forme de discrimination, à assurer un suivi effectif des recommandations des organes africains et à garantir aux enfants victimes de violations un accès réel à la justice et à des voies de recours appropriées.
L’organisation rappelle enfin que la protection des droits de l’enfant exige des engagements politiques durables, des mécanismes de contrôle indépendants, des enquêtes impartiales et des mesures concrètes permettant à chaque enfant de vivre dans la dignité, la sécurité et le respect de ses droits fondamentaux.



