Le Comité pour la Justice (CFJ) exprime sa vive condamnation suite au prononcé du jugement par le tribunal de Batna, le 15 septembre 2026, condamnant le défenseur des droits humains Adel Chti à deux ans de prison ferme et à une amende de 400 000 DA, en raison de publications et de vidéos partagées sur les réseaux sociaux.
Le CFJ estime que l’utilisation de l’article 146 du Code pénal algérien, relatif à l’« outrage à corps constitué », pour poursuivre un défenseur des droits humains par la voie de la comparution immédiate constitue une dérive judiciaire et un ciblage délibéré des voix indépendantes. Le comité souligne que le placement en détention provisoire de M. Chti jusqu’au prononcé de cette lourde peine témoigne du recours persistant à des dispositions punitives pour réprimer l’expression pacifique.
Le comité rappelle que la pénalisation des opinions en ligne contrevient ouvertement à l’article 19 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques. Elle viole également de manière flagrante la Constitution algérienne, notamment l’article 51 qui consacre la liberté d’opinion et d’expression, l’article 52 qui garantit la liberté d’expression sur les réseaux sociaux sans censure ni répression pénale, ainsi que l’article 34 qui interdit toute atteinte à la substance des droits et libertés fondamentaux.
En conséquence, le Comité pour la Justice demande aux autorités algériennes :
- La libération immédiate et sans condition du défenseur des droits humains Adel Chti et l’annulation de sa condamnation.
- De cesser les poursuites à l’encontre des militants et des défenseurs pour leurs publications numériques, et d’abandonner l’instrumentalisation des dispositions pénales réprimant l’expression.
- De se conformer aux articles 51 et 52 de la Constitution algérienne et aux normes internationales garantissant la liberté d’opinion et d’expression, et d’assurer un environnement sûr pour les acteurs de la société civile.



