Nouakchott – Genève (4 octobre 2026) : Le Committee for Justice (CFJ) exprime sa profonde préoccupation et sa ferme condamnation suite à la décision du Conseil constitutionnel mauritanien confirmant la déchéance du mandat de parlementaires à l’Assemblée nationale des députées et militantes du parti « Sawab » et du mouvement IRA, Mariem Cheikh Samba Dieng et Gamou Achour Salem, consécutivement à une condamnation judiciaire définitive assortie d’une privation de leurs droits civiques et politiques pendant cinq ans.
Le CFJ attire l’attention sur la gravité de cette déchéance parlementaire qui vise des élues du peuple à travers des poursuites ciblées et la privation arbitraire des droits politiques des acteurs des droits humains. Le Comité souligne que cette mesure — bien qu’appuyée sur les textes organiques électoraux — constitue le prolongement d’une instrumentalisation de l’appareil judiciaire visant à vider la représentation parlementaire de sa substance et à réduire au silence les voix dissidentes au sein de l’institution législative.
Le CFJ rappelle aux autorités mauritaniennes que la peine complémentaire de privation des droits civils et politiques infligée à ces deux députées viole ouvertement les articles 10 et 13 de la Constitution mauritanienne, qui protègent les libertés individuelles et l’exercice politique. Elle contredit également les articles 19 et 25 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, qui garantissent le droit de participer à la direction des affaires publiques sans discriminations ou poursuites abusives, ainsi que l’article 13 de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples.
En conséquence, le Committee for Justice (CFJ) exige des autorités mauritaniennes :
- L’arrêt immédiat de l’utilisation des décisions de justice comme outils d’éviction politique des parlementaires et des défenseurs des droits humains.
- La révision des peines complémentaires privatives de droits civiques et politiques imposées aux opposants pour restreindre leur action représentative et citoyenne.
- Le respect effectif de l’indépendance de la fonction parlementaire et la protection des défenseurs des droits humains conformément aux normes internationales.



