Le Comité pour la Justice (Committee for Justice – CFJ) exprime sa vive condamnation suite à la décision du tribunal de première instance de Médenine, rendue le 3 février, de reporter l’examen de l’affaire du militant Abdallah Said au mois d’avril prochain, tout en rejetant sa demande de mise en liberté. Le Comité considère que le maintien en détention du président de l’association « Enfants de la Lune » depuis novembre 2024, sans aucun jugement définitif, constitue une transformation flagrante de la détention provisoire en une peine corporelle anticipée, violant ainsi la présomption d’innocence et le droit à un procès dans un délai raisonnable.
Le Comité attire l’attention sur les incohérences procédurales ayant entaché ce dossier ; les poursuites ont débuté sous des qualifications vagues liées au terrorisme, lesquelles ont été abandonnées par le pôle judiciaire de lutte contre le terrorisme faute de sérieux, pour être ensuite requalifiées en « blanchiment d’argent et atteinte à la sûreté extérieure de l’État » dans le but de maintenir M. Said en détention. Le CFJ souligne que ces poursuites, liées à des activités humanitaires et civiles en faveur des enfants et des réfugiés, révèlent un schéma systématique de criminalisation de l’action associative en Tunisie par l’instrumentalisation de la justice comme outil de dissuasion et de pression.
Le Comité pour la Justice (CFJ) exprime sa profonde inquiétude face à la détérioration de l’état de santé d’Abdallah Said en milieu carcéral et à la privation de ses droits financiers, ce qui a gravement affecté la situation sociale de sa famille. Le Comité exige des autorités tunisiennes la libération immédiate et inconditionnelle de M. Said, ainsi que l’arrêt de toutes les poursuites judiciaires ciblant les acteurs civils, insistant sur la nécessité de respecter les conventions internationales et constitutionnelles garantissant la liberté d’association et protégeant les défenseurs des droits de l’homme contre les poursuites abusives.



