Le Comité pour la Justice (Committee for Justice – CFJ) exprime sa solidarité totale avec le militant social et environnemental Kheireddine Debaya, ainsi qu’avec tous les militants du mouvement écologiste du gouvernorat de Gabès, suite à des condamnations par contumace à un an de prison pour « entrave à la liberté de travail ». Le Comité estime que ces peines privatives de liberté, liées à un sit-in pacifique remontant à 2020 devant le Groupe Chimique Tunisien (GCT), représentent une escalade dangereuse dans la criminalisation du militantisme environnemental et l’instrumentalisation de la justice pour intimider ceux qui défendent le droit à un environnement sain.
Le Comité attire l’attention sur le fait que ces condamnations par contumace, prononcées sans notification préalable, constituent une violation grave des garanties d’un procès équitable et du droit à la défense. Le fait de transformer des complexes industriels responsables de violations environnementales et sanitaires majeures en parties « lésées » face à des citoyens réclamant leur droit constitutionnel à la santé et à la vie, reflète un déséquilibre flagrant de la justice et consacre l’impunité des pollueurs, en totale contradiction avec l’article 47 de la Constitution tunisienne et les conventions internationales.
Le Comité pour la Justice (CFJ) dénonce la réouverture de dossiers anciens et l’activation de mandats de recherche parallèlement à la montée des revendications écologistes à Gabès, y voyant une forme de harcèlement systématique pour faire taire les voix critiques. Le Comité exige des autorités tunisiennes l’arrêt immédiat de toutes les poursuites judiciaires à caractère vindicatif contre Kheireddine Debaya et ses camarades, et appelle à cesser d’utiliser des accusations vagues pour restreindre le droit à la protestation pacifique, affirmant que la protection des défenseurs de l’environnement est indissociable de la protection des droits fondamentaux de la société.



