Le Comité pour la Justice (Committee for Justice – CFJ) suit avec une vive préoccupation l’état de tension sans précédent à l’Université de L’Affroun (Blida 2), suite au recours de l’administration universitaire à une approche sécuritaire et judiciaire pour contrer des revendications estudiantines et pédagogiques légitimes. Le Comité condamne fermement les décisions d’exclusion arbitraire visant plusieurs étudiants et le transfert de leurs dossiers aux autorités sécuritaires, entraînant leur mise sous contrôle judiciaire dans un précédent dangereux qui porte atteinte à la sacralité et à l’indépendance de l’université.
Les informations recueillies par le Comité pour la Justice (CFJ) indiquent que ces poursuites ont directement ciblé les étudiants : El Walid Gouar, Abderraouf Tahiri et Anas Chergui, qui ont été placés sous contrôle judiciaire, ainsi que l’étudiant Ryad Benyamina. Le Comité considère que l’usage de ces mesures restrictives de liberté contre des universitaires est une mesure de représailles qui dépasse le cadre de la discipline universitaire pour devenir une répression judiciaire systématique.
Le Comité estime que la transformation d’un sit-in pacifique au sein du campus en une « affaire pénale » est une tentative flagrante d’intimider le mouvement étudiant et de faire taire les voix critiques envers les politiques de l’administration, ce qui contrevient à la Constitution algérienne et aux engagements internationaux relatifs au droit de réunion pacifique.
Le Comité souligne que l’imposition du « contrôle judiciaire » à des étudiants en raison de leurs activités syndicales et estudiantines représente une double sanction, administrative et judiciaire, visant à détruire leur avenir académique. L’université, en tant qu’espace de production de pensée et de dialogue, ne doit pas se transformer en une caserne gérée par une logique de dissuasion et de répression.
Le Comité pour la Justice (CFJ) appelle le ministère de l’Enseignement Supérieur à intervenir immédiatement pour annuler les décisions d’exclusion arbitraire et à ouvrir un dialogue sérieux avec les étudiants pour répondre à leurs demandes pédagogiques. Il exhorte également les autorités judiciaires à lever le contrôle judiciaire des étudiants poursuivis, et appelle la Rapporteuse spéciale sur le droit à l’éducation ainsi que le Rapporteur spécial sur le droit à la liberté de réunion pacifique et d’association à Genève à surveiller ces violations ciblant les libertés académiques en Algérie.



