Genève – Nouakchott (26 janvier 2026) : Le Committee for Justice (CFJ) suit avec une vive préoccupation la déclaration officielle d’accusation émise par l’Union des Femmes Journalistes Mauritaniennes Indépendantes (UFJMI). Celle-ci dénonce de graves irrégularités juridiques et administratives ayant entaché la formation de la commission chargée de la gestion du Fonds d’aide publique à la presse privée, imputant au ministère de la Culture et de la Communication la responsabilité directe d’actes qualifiés de « fraude et falsification avérées ».
Falsification et instrumentalisation politique de l’espace public : Le CFJ attire l’attention sur la dangerosité des faits rapportés concernant l’usurpation du nom de l’Union pour valider des nominations partisanes au sein d’un organe censé être indépendant et neutre. Le Comité considère que l’imposition de la présidente d’un parti politique au sein d’une commission professionnelle par des voies illégales constitue une « ingérence de l’exécutif » dans l’espace civil. Il s’agit d’une violation flagrante du principe de neutralité de l’État, sapant l’intégrité du fonds de soutien et le transformant d’un outil d’autonomisation en un levier d’hégémonie politique.
Un système de chantage fondé sur le genre : Le Committee for Justice (CFJ) exprime sa profonde consternation face à l’existence d’un « système de chantage institutionnel » ciblant les femmes journalistes en Mauritanie, où l’accès aux droits professionnels et à la reconnaissance métier est conditionné par l’allégeance politique. Le Comité souligne que l’exclusion systématique des compétences féminines indépendantes constitue une « discrimination intersectionnelle », ciblant à la fois le genre et l’indépendance professionnelle. Cela contrevient directement aux engagements internationaux de la Mauritanie, notamment la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDAW), ainsi qu’à l’article 10 de la Constitution mauritanienne garantissant les libertés publiques.
Régression des normes de gouvernance et d’intégrité : Le CFJ estime que ces faits ne relèvent pas de simples erreurs administratives, mais reflètent un mode de « détournement de pouvoir » qui menace le processus démocratique. L’utilisation du soutien public à la presse comme outil de censure et de clientélisme vide le concept de « presse indépendante » de sa substance.
Revendications du Committee for Justice : En conséquence, le Committee for Justice (CFJ) exige des autorités mauritaniennes :
L’annulation immédiate de la composition actuelle de la commission de gestion du fonds d’aide à la presse, en raison de la nullité des procédures de sa formation basées sur la « falsification ».
L’ouverture d’une enquête administrative et judiciaire indépendante via l’Inspection Générale de l’État pour faire la lumière sur l’usurpation du nom de l’Union et traduire les responsables en justice.
L’arrêt des politiques de chantage et d’exclusion à l’encontre des femmes journalistes indépendantes, et la garantie d’une distribution transparente des aides publiques selon des critères purement professionnels.
L’intervention de la Haute Autorité de la Presse et de l’Audiovisuel (HAPA) pour protéger l’indépendance du secteur médiatique face aux ingérences du pouvoir exécutif.
Le CFJ prépare actuellement un rapport détaillé sur ces violations qui sera soumis au Rapporteur spécial sur la liberté d’opinion et d’expression ainsi qu’au Comité pour l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes à l’ONU à Genève.



![Demonstrations_Tunisian_revolution_France Demonstration in support of the Tunisian protests in Lyon, France, January 15th, 2011 [Wikipedia]](https://www.cfjustice.org/wp-content/uploads/2021/08/Demonstrations_Tunisian_revolution_France-1-scaled-e1629144359911-400x200.jpeg)