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Panel sur la Tunisie : un test clé pour l’application du cadre africain sur l’égalité de genre et la lutte contre les violences basées sur le genre

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Banjul, Gambie — 20 octobre 2025

Un panel intitulé « La Tunisie comme étude de cas : mise en œuvre du cadre africain sur l’égalité de genre et la lutte contre les violences basées sur le genre » s’est tenu ce lundi 20 octobre 2025, de 14h00 à 15h30, dans la Press Room 3 du Centre international de conférences Sir Dawda Kairaba Jawara, en marge du Forum des ONG précédant la 85ᵉ Session ordinaire de la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples (CADHP).

Organisé par le Committee for Justice (CFJ), en partenariat avec la Ligue Tunisienne des Droits de l’Homme (LTDH), Mawjoudin, et Damj – Association Tunisienne pour la Justice et l’Égalité, l’événement a réuni des défenseur·es des droits humains, expert·es et représentant·es d’organisations féministes pour analyser l’expérience tunisienne en matière d’égalité de genre et de lutte contre les violences basées sur le genre (VBG).

Longtemps considérée comme un modèle régional grâce à des avancées juridiques majeures et à un mouvement féministe actif, la Tunisie voit aujourd’hui ces acquis fragilisés par des défis politiques, institutionnels et sociaux croissants. Les intervenant·es ont rappelé que la Loi n°58-2017, en alignement avec le Protocole de Maputo, avait constitué une étape décisive en élargissant la définition des violences, en renforçant les mécanismes de prévention, de protection et de poursuite, et en posant des normes élevées pour la région.

Cependant, la mise en œuvre demeure inégale. Les survivantes continuent d’affronter des obstacles importants dans l’accès à la justice, les services d’accompagnement restent insuffisants, et la persistance de l’impunité décourage les signalements. Le resserrement de l’espace civique en Tunisie, l’affaiblissement des institutions indépendantes et la pression exercée sur les organisations féministes aggravent ces difficultés et menacent la continuité des progrès réalisés.

Les panélistes ont souligné que le cas tunisien constitue un test crucial pour le système africain des droits humains. Il révèle à la fois le potentiel d’un alignement entre législation nationale et engagements régionaux, et les limites rencontrées dans l’application effective de ces engagements. Les défis observés en Tunisie résonnent particulièrement avec ceux d’autres pays d’Afrique du Nord qui n’ont pas encore ratifié ou pleinement appliqué le Protocole de Maputo.

Le panel a réuni :

  • Najet Zammouri, première vice-présidente de la LTDH
  • Fatma Asma Moatemri, chargée de programme au CFJ
  • Jay, représentant·e de Mawjoudin pour l’Égalité
  • Najia Mansour,Trésorière de Damj – Association Tunisienne pour la Justice et l’Égalité

La modération a été assurée par Sibongile Ndashe, directrice exécutive de l’Initiative for Strategic Litigation in Africa (ISLA).

Les intervenant·es ont appelé la CADHP, les mécanismes spéciaux et la Cour africaine à renforcer le suivi des obligations régionales, à soutenir la mise en œuvre effective des lois nationales et à protéger les organisations féministes ainsi que l’ensemble des acteur·ices de la société civile confronté·es à la contraction de l’espace civique.

L’événement s’est clôturé sur un appel clair : renforcer l’application du cadre africain sur l’égalité de genre est indispensable pour garantir les droits des femmes, prévenir les violences et protéger les acquis démocratiques en Tunisie et dans la région.

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