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Tunisie : « CFJ » alerte sur les impacts socio-environnementaux des feux de forêt et exige une stratégie de prévention intégrée et l’indemnisation des victimes

tunisia

Tunisie : Le Comité pour la Justice (Committee for Justice – CFJ) exprime sa profonde préoccupation face à la hausse dramatique de la fréquence et de l’ampleur des incendies de forêt dans plusieurs régions tunisiennes, dans un contexte climatique d’une gravité exceptionnelle caractérisé par des vagues de chaleur record. Le CFJ confirme que ces feux ont causé des dégâts majeurs au patrimoine forestier et aux terres agricoles, tout en menaçant la sécurité physique et les moyens de subsistance des populations locales et rurales, sur fond de défaillances structurelles chroniques dans les systèmes de prévention et de gestion des risques.

Ampleur des dégâts et défaillances structurelles : Selon les données officielles documentées, les incendies ont ravagé 4 400 hectares entre le 1er mai et le 23 juillet 2026 (contre 2 705 hectares durant la même période en 2025). Entre le 11 et le 22 juillet, 90 foyers d’incendie ont été enregistrés, principalement dans les gouvernorats du Kef, de Beja (Cap Negro), de Bizerte, de Zaghouan et de Jendouba (Aïn Drahim).

Outre la destruction du couvert végétal, ces incendies ont entraîné la perte de cheptels, d’exploitations apicoles et de récoltes, contraignant plusieurs familles à l’évacuation et détruisant leurs sources de revenus. Le Comité pour la Justice (CFJ) souligne que la récurrence de ces catastrophes met en lumière le manque de ressources allouées aux gardes forestiers (un garde couvrant entre 400 et 600 hectares), ainsi que le déficit d’entretien des pistes forestières, des pare-feux et des systèmes d’alerte précoce.

Qualification et fondement juridique des violations : Le Comité pour la Justice (CFJ) soutient que l’absence de politiques publiques préventives et adaptées face aux risques climatiques constitue une atteinte aux droits économiques, sociaux et environnementaux :

  • Droit à un environnement sain et justice climatique : L’article 47 de la Constitution tunisienne de 2022 impose à l’État de garantir un environnement sain. Ce principe est corroboré par la Résolution 48/13 du Conseil des droits de l’homme de l’ONU et la Résolution 76/300 de l’Assemblée générale de l’ONU, consacrant le droit à un environnement propre, sain et durable comme un droit humain fondamental.
  • Droit à un niveau de vie suffisant et protection des moyens de subsistance : La destruction des habitations et des ressources économiques des habitants des zones forestières contrevient à l’article 11 du Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels et à l’article 24 de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples.
  • Transparence et droit d’accès à l’information : La divulgation des causes des incendies et des résultats des enquêtes découle de l’article 38 de la Constitution tunisienne et de l’article 19 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques.

En conséquence, Committee for Justice (CFJ) exige des autorités tunisiennes :

  1. L’indemnisation rapide et intégrale de toutes les personnes sinistrées ayant perdu leur logement ou leurs moyens de subsistance, et l’activation transparente du Fonds d’indemnisation des dommages causés par les calamités naturelles.
  2. Le renforcement des capacités humaines et logistiques des agents forestiers et de la protection civile, par l’octroi d’équipements modernes et la révision des ratios de couverture des zones à risque.
  3. La révision de la stratégie nationale de prévention en adoptant une approche fondé sur les droits humains et participative incluant les riverains des forêts dans les mécanismes d’alerte et de protection.
  4. La publication transparente des conclusions des enquêtes officielles sur les origines des incendies et l’établissement des responsabilités en cas de négligence.