Le Comité pour la Justice (CFJ) dénonce les mesures d’interdiction de sortie du territoire (ISTN) imposées par les autorités algériennes aux journalistes Saïd Boudour et Mustapha Benfodil, illustrant la volonté continue de restreindre les mouvements des professionnels de la presse et des défenseurs des droits humains.
Le CFJ souligne que le maintien de restrictions administratives à l’encontre du journaliste Saïd Boudour depuis plusieurs années — à la suite de poursuites judiciaires liées à son travail d’information — constitue une violation du principe de légalité et une instrumentalisation des mesures conservatoires. De même, l’interdiction de voyager signifiée au journaliste Mustapha Benfodil alors qu’il se rendait à un festival culturel représente une entrave arbitraire à l’exercice de sa liberté professionnelle et artistique.
Le comité rappelle que l’application de mesures d’interdiction de voyager sans fondement judiciaire transparent ni notification préalable permettant l’exercice des voies de recours est contraire aux engagements internationaux de l’Algérie, notamment l’article 12 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques garantissant la liberté de circulation.
En conséquence, le Comité pour la Justice demande aux autorités algériennes :
- La levée immédiate et inconditionnelle des interdictions de quitter le territoire frappant Saïd Boudour et Mustapha Benfodil, ainsi que tous les journalistes et activistes visés par ces mesures.
- De cesser l’usage d’interdictions administratives comme moyens de pression et d’intimidation contre la presse indépendante.
- De se conformer aux normes internationales garantissant la liberté de circulation et d’assurer le contrôle judiciaire de toute mesure restrictive conformément au droit.