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Mauritanie : Le « Committee for Justice » condamne le refoulement arbitraire du réfugié malien Boubacar Coulibaly et de sa famille, en violation de la Convention de Genève

موريتانيا

Nouakchott – Genève (1er juillet 2026) : Le Committee for Justice (CFJ) exprime sa vive indignation et sa condamnation la plus ferme suite à l’arrestation par les autorités de sécurité mauritaniennes du réfugié malien, M. Boubacar Coulibaly, régulièrement enregistré auprès du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR). Le CFJ dénonce la séparation forcée de sa famille, leur détention dans des centres distincts, puis leur expulsion collective vers le Mali. Le Comité considère cette mesure comme un recul alarmant dans le respect des obligations internationales de la Mauritanie relatives à la protection des personnes vulnérables.

Le Comité attire l’attention sur la dimension tragique et les violations juridiques multiples qui ont entaché cette procédure. La police mauritanienne a fait irruption au domicile de la famille situé dans le quartier de Tevragh Zeina (TVZ) à Nouakchott, où elle résidait pacifiquement depuis plus de dix ans sans aucun antécédent. Suite à l’arrestation, la famille a été disloquée de force : le père a été placé en détention à Dar Naïm tandis que son épouse, Mme Bintou, et leurs quatre enfants ont été transférés dans un autre centre, avant d’être tous expulsés vers le centre du Mali. La gravité extrême de cet acte réside dans leur renvoi forcé vers une zone de conflit, classée comme dangereuse par le HCR, menaçant directement leur vie et leur intégrité.

Le CFJ affirme que cette expulsion constitue une violation flagrante des instruments internationaux et régionaux ratifiés par la Mauritanie. Elle bafoue en premier lieu le principe de non-refoulement, pierre angulaire du droit international, garanti par l’article 33 de la Convention de Genève de 1951 relative au statut des réfugiés et par l’article 2 de la Convention de l’OUA de 1969. De plus, la séparation de la famille et l’expulsion de mineurs violent de manière caractérisée la Convention relative aux droits de l’enfant, la Charte africaine des droits et du bien-être de l’enfant, ainsi que le Protocole de Maputo sur les droits des femmes, sans oublier l’atteinte à l’inviolabilité du domicile consacrée par la Constitution mauritanienne.

En conséquence, le Committee for Justice (CFJ) exige des autorités mauritaniennes :

  1. Des clarifications immédiates et publiques sur les circonstances de l’arrestation de Boubacar Coulibaly et de sa famille, ainsi que sur les fondements juridiques de ce refoulement arbitraire.
  2. La cessation immédiate de toutes les opérations d’expulsion, de refoulement forcé et de harcèlement ciblant les réfugiés et migrants enregistrés et protégés par la loi.
  3. L’ouverture d’une enquête indépendante sur les violations procédurales ayant entouré la violation du domicile, la séparation forcée des enfants et leur détention arbitraire.
  4. L’intervention urgente du HCR et des mécanismes de l’Union Africaine pour assurer le suivi de la situation de cette famille sur le territoire malien et lui garantir une protection immédiate.