Déclaration Droits de l’Homme Le Committee for Justice (CFJ) exprime sa vive préoccupation et condamne le verdict rendu par le Tribunal de première instance de Casablanca, condamnant l’activiste Mohamed Khallif à trois ans de prison ferme. Le comité souligne que l’arrestation de M. Khallif à son domicile et sa détention depuis février dernier, en raison de sa participation à des manifestations revendicatives, constituent une escalade dans la répression des militants et des mouvements de contestation.
Le comité estime que la qualification des opinions et des revendications sociales — portées par les mouvements de protestation pour réclamer l’amélioration des conditions socio-économiques — sous des chefs d’inculpation vagues tels que « l’incitation à commettre des délits » ou « l’outrage à des institutions constitutionnelles », constitue une atteinte fondamentale à l’article 29 de la Constitution marocaine qui garantit les libertés de réunion et de manifestation pacifique. De plus, le comité insiste sur le fait que les lourdes peines de prison contre des manifestants pacifiques sapent les efforts visant un apaisement politique et renforcent les approches répressives envers les voix critiques.
Le comité réaffirme que la poursuite judiciaire des participants aux mouvements de protestation est incompatible avec les engagements internationaux du Royaume du Maroc, notamment l’article 21 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques (droit de réunion pacifique) et l’article 19 (liberté d’expression). Par conséquent, le Committee for Justice (CFJ) appelle les autorités judiciaires à réviser ce verdict sévère et à abandonner les charges contre Mohamed Khallif. Le comité exhorte les autorités marocaines à libérer les détenus des mouvements de protestation pacifiques et à garantir un espace sécurisé permettant l’expression des aspirations légitimes sans crainte d’arrestation ou de harcèlement judiciaire.