Déclaration Droits de l’Homme Le Committee for Justice (CFJ) suit avec une vive préoccupation les informations faisant état du déclenchement d’une grève de la faim illimitée par l’activiste détenue Saida El Alami depuis onze jours au sein de la prison locale d’Oukacha à Casablanca. Le comité souligne que le recours de Mme El Alami à cette forme d’action contestatoire extrême intervient, selon les déclarations de sa famille, en protestation contre des traitements inhumains et un harcèlement systématique au sein de l’établissement pénitentiaire, mettant ainsi sa santé physique et psychologique en péril imminent.
Le comité exprime sa profonde inquiétude face aux rapports indiquant une rupture totale de communication entre la détenue et ses proches, et met en garde contre les répercussions médicales graves d’une grève de la faim prolongée en l’absence de données précises sur son état de santé actuel. Le comité rappelle que garantir l’intégrité physique et morale des détenus et les protéger contre tout traitement cruel ou dégradant relève de la responsabilité légale de l’administration pénitentiaire, conformément à l’article 22 de la Constitution marocaine.
Le comité réaffirme que la poursuite des militants et leur condamnation à des peines privatives de liberté pour des infractions liées à l’expression numérique contrevient aux principes universels des droits de l’homme, notamment l’article 10 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques — qui impose de traiter les personnes privées de liberté avec humanité et respect — ainsi qu’aux Règles minima des Nations Unies pour le traitement des détenus (Règles Nelson Mandela). Par conséquent, le Committee for Justice (CFJ) appelle l’administration pénitentiaire et les autorités judiciaires marocaines à intervenir d’urgence pour assurer un suivi médical approprié à Saida El Alami, à ouvrir une enquête immédiate et indépendante sur ses conditions de détention, et à rétablir sans délai le contact avec sa famille et sa défense afin de préserver sa dignité et ses droits fondamentaux.