Le Comité pour la Justice (Committee for Justice – CFJ) exprime sa solidarité totale avec les journalistes de l’agence Tunis Afrique Presse (TAP) et soutient leurs revendications professionnelles et juridiques légitimes exprimées dans leur récente motion. Le Comité estime que les interventions répétées de la Direction Générale dans les contenus des dépêches, l’annulation de couvertures médiatiques ou l’évidement du contenu informatif pour le transformer en simple communication politique et gouvernementale, représentent un recul dangereux pour la liberté de la presse et l’indépendance du service public de l’information.
Le Comité attire l’attention sur le fait que la démission ou le limogeage de trois directeurs de la rédaction au cours des trois dernières années, parallèlement aux pressions et au harcèlement quotidien subis par les journalistes, confirme l’existence d’une politique systématique visant à domestiquer l’agence au profit du pouvoir exécutif. Le CFJ souligne que le fait de juger les intentions des journalistes concernant la couverture des activités de la Présidence et du Gouvernement, et de les contraindre à produire des contenus « à la demande », constitue une violation flagrante de la déontologie et des chartes éditoriales internationales qui garantissent le droit du citoyen à une information précise et impartiale.
Le Comité pour la Justice (CFJ) insiste sur la nécessité pour la Direction Générale de répondre aux revendications du syndicat, notamment la mise en place d’un conseil de rédaction garantissant l’autorégulation et protégeant l’indépendance des journalistes, ainsi que la régularisation des situations professionnelles et le versement des primes en suspens. Le Comité exige des autorités tunisiennes qu’elles cessent d’instrumentaliser les institutions médiatiques publiques comme outils de propagande politique, affirmant que l’indépendance de l’agence de presse officielle est un pilier essentiel pour préserver le droit à l’information et protéger l’espace démocratique de toute hégémonie unilatérale.