Le Comité pour la Justice (Committee for Justice – CFJ) exprime sa vive condamnation face à la poursuite de la détention arbitraire prolongée de la présidente de l’association « Mnemty » et défenseure des droits de l’homme, Saadia Mosbah, détenue depuis mai 2024.
Le CFJ considère que le déroulement de la dernière audience, le 26 février au tribunal de première instance de Tunis — marquée par la levée de la séance après seulement quelques secondes sans permettre à la défense de plaider ni aux observateurs internationaux d’assister — constitue un mépris flagrant du droit à la défense et une sape de la publicité et de l’intégrité des débats. Cela confirme les soupçons d’un « procès de façade » visant à perpétuer le harcèlement de la militante civile, tout en accentuant la violation des garanties d’un procès équitable et en consacrant une politique de « harcèlement procédural » contre les acteurs de la société civile.
Le CFJ attire l’attention sur le fait que maintenir Saadia Mosbah en détention depuis près de deux ans, sans preuves tangibles et dans des conditions de procès dépourvues des moindres standards de transparence, constitue une violation manifeste du droit à la liberté personnelle et de la protection contre les arrestations arbitraires garantis par la Constitution tunisienne et les conventions internationales. L’instrumentalisation d’accusations vagues liées à la lutte contre le terrorisme et au blanchiment d’argent contre une militante dont le travail se concentre sur la lutte contre le racisme, vise clairement à liquider le travail associatif indépendant et à intimider les défenseurs des droits humains en Tunisie.
Le Comité pour la Justice souligne que la détention arbitraire prolongée subie par Saadia Mosbah est une sanction déguisée hors du cadre légal, visant à briser son engagement militant.
Le CFJ exige des autorités tunisiennes sa libération immédiate et inconditionnelle, ainsi que l’arrêt de toutes les formes de poursuites abusives contre elle et les membres de l’association « Mnemty ». Le Comité appelle également la communauté internationale à exercer des pressions pour garantir la protection des défenseurs des droits de l’homme en Tunisie contre la politique de « harcèlement procédural » qui vide le système judiciaire de son rôle de garant des droits et des libertés, réaffirmant que la véritable justice ne peut être rendue en l’absence de la défense et en transformant les instances judiciaires en outils d’intimidation politique et civile.