Tunisie : Le Comité pour la Justice (Committee for Justice – CFJ) exprime sa profonde tristesse suite au décès du syndicaliste et agent de la Société Tunisienne de l’Électricité et du Gaz (STEG), Adel Amraoui, mort électrocuté dans l’exercice de ses fonctions. Le CFJ souligne que cet accident du travail dramatique reflète la détérioration grave des normes de sécurité et de santé au travail dans les services publics, sur fond de pressions et de stigmatisation ciblant les travailleurs pour masquer les défaillances des politiques énergétiques gouvernementales.
Détails et revendications syndicales : Selon les informations documentées par la Fédération générale de l’électricité et du gaz, les agents travaillent dans des conditions périlleuses, manquant d’équipements de protection adéquats. Cette situation est aggravée par le refus de la direction de fournir un environnement sûr et un soutien matériel et moral aux employés, ce qui a provoqué des mouvements de protestation sectoriels pour dénoncer le déni de responsabilité des autorités.
Qualification juridique : Le Comité pour la Justice (CFJ) rappelle que le manquement aux normes de sécurité du travail et le déni des droits syndicaux violent les engagements de l’État :
- Droit interne : Ces défaillances enfreignent les articles 40 (droit à des conditions de travail justes et sûres) et 46 (droit syndical et droit de grève) de la Constitution de 2022, ainsi que les dispositions du Code du travail tunisien.
- Normes internationales : Elles constituent une violation de l’article 7 du Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels, ainsi que des conventions de l’Organisation internationale du travail (OIT), notamment la Convention n° 155 sur la sécurité et la santé des travailleurs et la Convention n° 87 sur la liberté syndicale.
En conséquence, le Comité pour la Justice (CFJ) exige des autorités tunisiennes :
- L’ouverture d’une enquête judiciaire et technique indépendante pour élucider les circonstances du décès d’Adel Amraoui et établir les responsabilités concernant le manque de sécurité.
- La fourniture immédiate d’équipements de protection individuel et collectif pour l’ensemble des agents de la STEG afin d’éviter la répétition de tels drames.
- L’arrêt des campagnes de diffamation et des pressions ciblant les syndicalistes et le personnel du secteur public, tout en respectant leur droit de manifester pacifiquement.
- L’ouverture d’un dialogue social constructif avec la Fédération générale de l’électricité et du gaz pour répondre aux revendications légitimes et garantir un service public sûr et respectueux de la dignité des travailleurs.