Le Comité pour la Justice (Committee for Justice – CFJ) exprime sa vive condamnation et sa profonde indignation face aux mesures arbitraires et à la politique de harcèlement systématique visant l’activiste politique de l’opposition Ezzeddine Hazgui (82 ans) et sa famille. Le CFJ considère que l’interdiction de voyager qui lui est imposée, combinée à la détérioration critique de son état de santé et au mépris des autorités face aux demandes humanitaires de transfert de son fils, le prisonnier politique Jaouhar Ben Mbarek, constitue une forme flagrante de punition collective et de torture psychologique dénuée de toute humanité.
Une interdiction de voyager sous un prétexte fallacieux : À l’aube du dimanche 10 mai 2026, les agents de sécurité de l’aéroport de Tunis-Carthage ont empêché Ezzeddine Hazgui de voyager avec son épouse pour un déplacement familial et humanitaire urgent. Les autorités ont invoqué une interdiction de voyager datant de 1998 (il y a près de 30 ans). Cette justification est manifestement abusive, puisque M. Hazgui a voyagé à l’étranger à plusieurs reprises en 2017, 2018 et 2019 sans aucune entrave, ce qui démontre le caractère punitif et sélectif de la réactivation de cette mesure caduque.
Tragédie humaine et détérioration alarmante de la santé : Le CFJ met en lumière les détails de la tragédie révélés par l’avocate du barreau Dalila Ben Mbarek Msaddek (sœur de Jaouhar Ben Mbarek), qui coïncident avec une autre décision abusive : le transfert de son frère de la prison de Blé vers la prison éloignée de Sers :
- Effondrement physique et pathologies graves : Quelques jours après l’éloignement de son fils vers la prison de Sers, les forces physiques d’Ezzeddine Hazgui se sont effondrées, nécessitant son hospitalisation. Les examens médicaux ont révélé un diagnostic choc : un cancer du poumon, une insuffisance rénale et une hémorragie crânienne, s’ajoutant à ses problèmes de santé liés à l’âge (troubles de la vue, de l’audition et une hernie abdominale).
- Privation de visites et secret familial : En raison de son état critique, le père est désormais totalement incapable de rendre visite à son fils en détention. C’est la tante de Jaouhar, malgré son âge avancé, qui assume péniblement cette tâche de temps à autre. La famille confirme que Jaouhar Ben Mbarek ignore tout de la maladie grave de son père, la vérité lui étant cachée pour préserver son état psychologique en prison.
Silence officiel face aux demandes humanitaires : Sur le plan juridique et procédural, le Comité souligne que le collectif de défense et la famille ont déposé une demande officielle il y a plus de deux mois auprès de la Direction Générale des Prisons et de la Réinsertion, sollicitant le transfert de Jaouhar Ben Mbarek vers une prison proche de la capitale afin de faciliter le contact humain avec son père gravement malade. Cette requête légitime et humanitaire a été accueillie par un mépris total et un silence absolu des autorités, restée sans réponse jusqu’à ce jour.
Face à cette situation dramatique, Committee for Justice exige des autorités tunisiennes :
- L’acceptation immédiate et inconditionnelle du transfert du prisonnier politique Jaouhar Ben Mbarek vers un centre de détention proche de la capitale pour des raisons humanitaires impérieuses.
- La levée immédiate de toutes les mesures d’interdiction de voyager arbitraires et abusives frappant l’activiste Ezzeddine Hazgui.
- L’arrêt définitif de la politique de harcèlement et de punition collective infligée aux familles des opposants et des leaders d’opinion en Tunisie.