Le Comité pour la Justice (Committee for Justice – CFJ) condamne fermement le verdict rendu par le Tribunal de première instance de Tunis le 7 mai 2026, condamnant le journaliste Zied El Heni à un an de prison ferme sur la base de l’article 86 du Code des télécommunications, en raison d’un rapport journalistique traitant des poursuites judiciaires contre l’un de ses confrères. Le Comité considère ce jugement comme une violation flagrante de la liberté d’expression et une nouvelle étape dans la campagne systématique d’intimidation des voix indépendantes en Tunisie.
Le Comité souligne la grave dérive juridique consistant à contourner délibérément le cadre légal régissant la profession journalistique, à savoir le Décret-loi n° 115 de 2011 relatif à la liberté de la presse, de l’impression et de l’édition—qui devrait constituer la référence exclusive pour les délits de presse—pour appliquer des textes pénaux généraux afin d’imposer des peines privatives de liberté. Le CFJ rappelle que M. Zied El Heni a été arrêté le 24 avril 2026 et placé à la prison de Mornaguia, ce qui démontre l’acharnement des autorités à privilégier l’approche sécuritaire et répressive.
Le Comité pour la Justice (CFJ) affirme que la persécution des journalistes contrevient aux obligations internationales de la Tunisie, notamment l’article 19 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques. En conséquence, le CFJ exige des autorités tunisiennes :
- La libération immédiate et inconditionnelle du journaliste Zied El Heni et l’annulation de sa condamnation.
- L’arrêt de la criminalisation du journalisme et de l’utilisation abusive du Code des télécommunications ou du décret 54 pour censurer l’espace civique.