Le Comité pour la Justice (Committee for Justice – CFJ) exprime sa ferme condamnation du verdict rendu par le Tribunal de première instance de Médenine le 22 avril 2026, condamnant l’activiste des droits humains et président de l’association « Les Enfants de la Lune », Abdallah Said, à une peine d’un an de prison ferme, et dénonce la décision du ministère public de faire appel de ce jugement pour exiger une peine plus lourde. Le CFJ considère cette condamnation comme une illustration flagrante du harcèlement systématique des acteurs de la société civile et de l’utilisation abusive de la détention provisoire comme sanction politique préalable.
Le Comité relève que la procédure a été entachée de graves violations des garanties d’un procès équitable. M. Abdallah Said est maintenu en détention provisoire depuis plus d’un an et demi (depuis le 12 novembre 2024), après avoir été convoqué par téléphone avec la secrétaire générale et la trésorière de l’association, puis placé en garde à vue à la brigade d’El Gorjani sans notification de charges claires. Le CFJ souligne la manipulation flagrante des qualifications juridiques : l’affaire a d’abord été transférée au Pôle judiciaire de lutte contre le terrorisme, et bien que ce dernier ait conclu le 26 novembre 2024 à l’absence totale de caractère terroriste, les autorités ont persisté à concevoir de nouvelles accusations vagues telles que « le blanchiment d’argent, le détournement de fonds et l’atteinte à la sûreté extérieure de l’État » dans le seul but de prolonger son incarcération.
Le Comité pour la Justice (CFJ) rappelle que le ciblage du président d’une association humanitaire dédiée à la prise en charge médicale d’une catégorie vulnérable s’inscrit dans un climat de répression de l’espace civique, parallèlement à la montée des discours discriminatoires contre les migrants subsahariens. Cette approche contrevient aux obligations internationales de la Tunisie et à l’article 40 de sa Constitution de 2022. Par conséquent, le CFJ exige des autorités tunisiennes :
- La libération immédiate et inconditionnelle de l’activiste Abdallah Said et l’arrêt de toutes les poursuites liées à son action civile.
- La fin de l’instrumentalisation de la justice et de l’usage systématique du pôle antiterroriste comme outil de détention arbitraire préalable contre les défenseurs des droits humains.