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Tunisie : CFJ alerte sur l’érosion de la liberté de la presse et appelle à la fin du harcèlement des journalistes à l’occasion du 15ème anniversaire de la Révolution

Demonstration in support of the Tunisian protests in Lyon, France, January 15th, 2011 [Wikipedia]

Le Comité pour la Justice (Committee for Justice – CFJ) exprime sa profonde inquiétude face à la détérioration accélérée de la liberté de la presse et d’expression en Tunisie. À l’occasion du 15ème anniversaire de la Révolution, le Comité constate que le paysage médiatique tunisien est menacé par un retour aux politiques de censure systématique et de contrôle de l’espace public qui prévalaient avant 2011.

Restrictions législatives et sanctions répressives : Le Comité observe avec préoccupation la substitution des cadres juridiques réformateurs (tels que le Décret 115) par un environnement répressif dominé par le « Décret 54 ». Ce dernier est devenu un outil de harcèlement judiciaire contre les journalistes sous des motifs vagues de « propagation de fausses nouvelles ». Dans ce contexte, le CFJ souligne le maintien en détention des journalistes (Mourad Zghidi), (Borhen Bssais) et (Siwar Barguaoui) en raison de leurs activités professionnelles. Tout en saluant la libération de la journaliste (Chadha Hadj Mbarek) après deux ans de poursuites, le Comité considère son cas comme une preuve flagrante de l’injustice subie par les professionnels du secteur.

Entraves administratives systématiques : Le CFJ dénonce la politique délibérée d’entrave au travail journalistique, marquée par la privation de plus de 2000 journalistes de leur « carte de journaliste professionnel » pour la deuxième année consécutive, sous prétexte de l’absence de quorum de la commission compétente auprès de la Présidence du Gouvernement. De même, le Comité condamne l’empêchement des correspondants de la presse internationale d’exercer leurs fonctions suite au non-renouvellement de leurs accréditations depuis septembre 2025, ce qui constitue une violation flagrante des engagements internationaux de la Tunisie.

Érosion des acquis de la Révolution : Le gel de l’Instance Supérieure Indépendante de la Communication Audiovisuelle (HAICA) et la non-application des statuts des institutions de l’information publique (Radio, Télévision, et Agence TAP) marquent un recul dangereux du processus démocratique. Ces mesures menacent l’indépendance de la profession au profit d’un discours unilatéral aligné sur le pouvoir.

Recommandations : Le Comité pour la Justice (CFJ) appelle les autorités tunisiennes à :

Libérer immédiatement et inconditionnellement tous les journalistes détenus pour leurs opinions ou l’exercice de leur fonction.

Suspendre les sanctions répressives prévues par le « Décret 54 » et se conformer aux conventions internationales garantissant la liberté d’expression.

Activer sans délai les procédures d’octroi des cartes de presse et des accréditations pour la presse étrangère sans restrictions administratives.

Le Comité réaffirme qu’aucune réforme authentique en Tunisie ne peut aboutir sans une presse libre, indépendante et protégée par la loi contre toute instrumentalisation politique.