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Mauritanie : Le « Committee for Justice » condamne l’arrestation et l’emprisonnement de l’avocat Abderrahmane Zarrouk et dénonce une atteinte à l’immunité de la défense

Nouakchott – Genève  : Le Committee for Justice (CFJ) exprime sa ferme condamnation de la décision du juge d’instruction du cinquième cabinet de la wilaya de Nouakchott-Ouest de placer l’avocat Abderrahmane Ould Zarrouk en détention, sous des accusations d' »atteinte à l’unité nationale » et de « diffusion de fausses informations » via les réseaux sociaux. Le CFJ considère que l’arrestation d’un avocat dans son cabinet, la fouille de ses locaux et la confiscation de son téléphone, suivies de poursuites sous le couvert de la « Loi sur les Symboles », constituent une attaque directe contre l’immunité et l’indépendance de la profession d’avocat.

Le Comité attire l’attention sur le caractère suspect du calendrier de cette procédure ; l’arrestation de Me Zarrouk est intervenue alors qu’il s’apprêtait à assurer la défense des députées Mariem Cheikh et Gamo Achour. Cela renforce les soupçons selon lesquels ces poursuites visent à entraver le travail de la défense et à priver les détenus politiques de leur droit à une assistance juridique indépendante. L’usage d’accusations vagues pour sanctionner des avocats en raison de leurs opinions est une pratique visant à réduire au silence les défenseurs des droits de l’homme.

Le CFJ rappelle que les « Principes de base des Nations Unies relatifs au rôle du barreau » exigent que les gouvernements garantissent que les avocats puissent s’acquitter de toutes leurs fonctions professionnelles sans entrave, intimidation ou ingérence indue. La poursuite d’avocats pour l’expression de leurs opinions est une violation grave des garanties d’un procès équitable.

En conséquence, le Committee for Justice (CFJ) demande aux autorités mauritaniennes :

  1. La libération immédiate et inconditionnelle de l’avocat Abderrahmane Ould Zarrouk et l’abandon des charges liées à son activité professionnelle.
  2. Le respect de l’immunité de l’avocat et l’arrêt des pratiques de fouille et de confiscation dans les cabinets d’avocats, qui violent le secret professionnel et les droits de la défense.
  3. La cessation de l’instrumentalisation des lois d’exception (Loi sur les Symboles) contre les avocats et les militants des droits de l’homme.
  4. La garantie du droit de tous les détenus à l’accès à des avocats exerçant librement leurs fonctions sans menace de poursuites malveillantes.