Nouakchott – Genève (4 mars 2026) : Le Committee for Justice (CFJ) exprime sa solidarité totale avec le « Club des Magistrats Mauritaniens » dans ses efforts pour préserver l’indépendance du pouvoir judiciaire. Le Comité manifeste sa vive préoccupation face aux interventions illicites de l’exécutif dans le fonctionnement de l’Inspection Générale de l’Administration Judiciaire. Le CFJ considère que l’instrumentalisation des mécanismes de contrôle comme outil de pression contre les juges refusant de se soumettre aux injonctions administratives constitue une violation grave des articles 89 et 90 de la Constitution mauritanienne, et contrevient aux « Directives et principes sur le droit à un procès équitable en Afrique » adoptés par la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples. Toute pression exercée sur les juges d’instruction sous la menace de poursuites disciplinaires est une violation des « Principes fondamentaux des Nations Unies relatifs à l’indépendance de la magistrature », notamment le deuxième principe qui impose le respect de l’indépendance judiciaire sans aucune influence indue ou menace directe ou indirecte. Toute tentative d’imposer une tutelle administrative sur « l’intime conviction du juge » sape le principe de séparation des pouvoirs et vide les garanties constitutionnelles de leur substance protectrice, transformant la justice d’un rempart des libertés en un simple instrument de l’administration.
En conséquence, le Committee for Justice (CFJ) insiste sur la nécessité de détacher l’Inspection Générale de la Justice de la tutelle du ministre pour la rattacher au Conseil Supérieur de la Magistrature, conformément au Document National pour la Réforme de la Justice. Il appelle la Présidence de la République, garante constitutionnelle de l’indépendance de la justice, à intervenir immédiatement pour mettre fin au harcèlement administratif contre les magistrats indépendants et les protéger contre les poursuites malveillantes. Le CFJ réaffirme que le respect de la « Charte africaine des droits de l’homme et des peuples » exige un environnement judiciaire protégé des pressions politiques, garantissant le droit des justiciables à comparaître devant un tribunal indépendant et impartial, loin de tout climat d’intimidation.