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Mauritanie : Le CFJ condamne les poursuites judiciaires contre les étudiants de l’ISGI et appelle à la fin de la « militarisation » de l’université et de la criminalisation de l’action estudiantine

Le Comité pour la Justice (Committee for Justice – CFJ) exprime sa vive condamnation suite au défèrement de huit étudiants de l’Institut Supérieur de Génie Industriel (ISGI) devant le procureur de la République à Nouakchott, ce lundi 2 mars 2026. Le Comité considère que cette escalade, faisant suite à une plainte abusive de l’administration après une grève pacifique de plus d’un mois, constitue un précédent dangereux visant à « militariser » les institutions académiques et à transformer des revendications légitimes en dossiers sécuritaires et criminels.

Le Comité attire l’attention sur le fait que la convocation des étudiants et leur interrogatoire au commissariat de police n°2 de Ksar, suivis de leur passage devant le parquet, reflètent une incapacité administrative flagrante à instaurer un dialogue responsable. Tenter de dépeindre une protestation pacifique et un sit-in civilisé d’un groupe d’étudiants pour des droits académiques comme un « crime » passible de poursuites judiciaires est une violation flagrante des libertés syndicales et du droit à l’expression. Cette démarche vise manifestement à intimider les voix étudiantes libres par le biais du harcèlement judiciaire.

Le Comité pour la Justice (CFJ) insiste sur le fait que l’université doit rester un espace de savoir et de dialogue, et non un terrain de poursuites policières et de procès-verbaux malveillants. Le Comité exige des autorités judiciaires mauritaniennes le classement immédiat de l’affaire et la libération inconditionnelle des huit étudiants. Il appelle l’administration de l’institut et les autorités de tutelle à retirer la plainte sans délai et à revenir à la table des négociations. Enfin, le Comité affirme que la politique d’intimidation et le recours aux solutions sécuritaires ne feront que saper la paix universitaire et nuire à l’image de la Mauritanie concernant le respect des droits et libertés fondamentales.