Déclaration Droits de l’Homme Le Committee for Justice (CFJ) exprime sa vive condamnation suite à l’interdiction de quitter le territoire national imposée par les autorités de l’aéroport de Rabat-Salé à l’universitaire et historien Maâti Monjib, l’empêchant d’exercer ses fonctions académiques et le poussant à entamer une grève de la faim. Le comité considère que le maintien de cette interdiction de voyager depuis octobre 2020 constitue une violation flagrante des dispositions du Code de procédure pénale marocain, qui fixe des délais maximums pour de telles mesures.
Le comité estime que l’acharnement contre M. Monjib — à travers le gel de ses biens et comptes bancaires, la privation de couverture médicale pour lui et sa famille, et le refus de le réintégrer dans ses fonctions universitaires malgré l’amnistie royale de 2024 — constitue une « peine extrajudiciaire » visant à réduire au silence une voix critique. Ce ciblage ne porte pas seulement atteinte à sa liberté de mouvement, mais viole également ses droits fondamentaux à la vie, à l’intégrité physique et à la dignité.
Le comité souligne que ces pratiques contreviennent à l’article 24 de la Constitution marocaine, à l’article 12 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, ainsi qu’à l’article 12 de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples. Par conséquent, le Committee for Justice (CFJ) appelle les autorités marocaines, et en particulier le Ministère Public, à lever immédiatement l’interdiction de voyager illégale, à rétablir M. Monjib dans tous ses droits professionnels et sociaux, et à cesser d’instrumentaliser les dossiers judiciaires comme outils de pression politique et d’intimidation académique.