Déclaration Droits de l’Homme Le Committee for Justice (CFJ) exprime sa vive indignation suite au verdict rendu par la chambre criminelle de la Cour d’appel de Rabat, le mercredi 8 avril 2026, condamnant l’avocat et ancien ministre des Droits de l’Homme, Mohamed Ziane (84 ans), à cinq ans de prison ferme. Le comité souligne que ce jugement, intervenu après l’annulation d’une peine précédente par la Cour de cassation pour manque de clarté des éléments du dossier, consacre une tendance au harcèlement judiciaire contre les voix dissidentes.
Le comité estime que les poursuites contre M. Ziane pour « détournement et dissipation de fonds publics » portant sur des faits datant de 2015, manquent de garanties d’un procès équitable, notamment en raison des restrictions entravant l’accès de la défense aux archives financières nécessaires à sa disculpation. Le comité s’étonne de la requalification d’irrégularités administratives liées au financement des partis — relevant normalement de procédures comptables — en crimes pénaux lourds, ce qui renforce l’hypothèse du caractère politique de ce procès au regard des positions critiques de l’intéressé.
Le comité insiste sur le fait que le maintien en détention d’un homme de 84 ans, dont l’état de santé est précaire, contrevient aux principes fondamentaux des droits de l’homme et à l’article 10 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques. Par conséquent, le Committee for Justice (CFJ) appelle les autorités marocaines à libérer immédiatement le bâtonnier Mohamed Ziane pour des raisons humanitaires et médicales, à mettre fin aux poursuites judiciaires abusives et à garantir l’indépendance de la justice face aux règlements de comptes politiques.