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Maroc : La détérioration critique de la santé de la militante Ibtissam Lachgar exige une libération médicale urgente et la révision de la criminalisation de l’expression numérique

Déclaration Droits de l’Homme Le Committee for Justice (CFJ) documente avec une vive préoccupation la dégradation continue de l’état de santé de la militante féministe Ibtissam « Betty » Lachgar, qui purge une peine de deux ans et demi de prison ferme confirmée en appel le 8 octobre 2025 à Rabat, à la suite de poursuites engagées en raison de publications et de prises de position exprimées sur les réseaux sociaux.

Le comité alerte sur la détérioration grave de l’état de santé de Mme Lachgar, survivante d’un cancer osseux, qui souffre de complications aiguës liées au déplacement d’une prothèse osseuse au bras durant sa détention. Le comité rappelle que le retard dans la prise en charge chirurgicale spécialisée fait courir un risque majeur d’infection et de perte définitive de l’usage de son membre, assimilant le maintien en détention dans ces conditions à un traitement cruel, inhumain et dégradant.

Le comité estime que la criminalisation de l’expression numérique et la poursuite des militants pour des publications en ligne contreviennent directement aux articles 25 et 31 de la Constitution marocaine, qui garantissent la liberté d’expression et le droit à la santé. Cette situation constitue également une violation manifeste de l’article 19 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP), de l’article 12 du Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels (PDESC), ainsi que des Règles minima des Nations Unies pour le traitement des détenus (Règles Nelson Mandela), qui imposent aux États de garantir aux personnes privées de liberté un accès équivalent aux soins de santé spécialisés.

Par conséquent, le Committee for Justice (CFJ) appelle les autorités marocaines à accorder une libération conditionnelle pour raisons médicales à Ibtissam Lachgar, ou à lui permettre de subir sans délai une intervention chirurgicale spécialisée hors du milieu carcéral. Le comité réitère la nécessité de réviser les dispositions pénales restreignant la liberté d’expression numérique et de garantir le respect strict des normes internationales relatives aux droits humains.