Le Comité pour la Justice (Committee for Justice) exprime sa vive condamnation suite à l’arrestation de l’activiste politique et des droits humains, Drissi Kamel, dans la ville de Djelfa. Ce dernier a été placé en détention provisoire après sa comparution devant les autorités judiciaires le 24 février, et son dossier a été renvoyé en jugement selon la procédure de « comparution immédiate ».
Le CFJ souligne que l’arrestation de Kamel, l’une des figures de proue du mouvement populaire (Hirak) dans la wilaya de Djelfa, s’inscrit dans le cadre d’une campagne sécuritaire et judiciaire continue visant les voix d’opposition et les revendications de changement politique et de respect des droits humains en Algérie. Le Comité considère que le recours aux procédures de « comparution immédiate » dans les délits d’opinion vise principalement à priver les militants du temps nécessaire pour préparer leur défense, et à institutionnaliser la détention provisoire comme une peine privative de liberté avant même tout verdict définitif.
Selon les informations recueillies par le Comité, Drissi Kamel a été interpellé le dimanche 22 février au centre-ville de Djelfa. Le procureur de la République près le tribunal de Djelfa a ensuite ordonné son placement en détention, reportant l’audience de son procès au 3 mars 2026. Les accusations portées contre lui sont directement liées à son activisme pacifique sur le terrain et à ses publications exprimant ses opinions politiques, des droits pourtant garantis par la Constitution algérienne et les conventions internationales relatives aux droits de l’homme.
Le Comité pour la Justice (CFJ) demande aux autorités algériennes :
- La libération immédiate et inconditionnelle de l’activiste Drissi Kamel et l’abandon de toutes les charges liées à l’exercice de ses droits fondamentaux.
- L’arrêt de l’instrumentalisation politique de l’appareil judiciaire pour poursuivre les militants du Hirak et les défenseurs des droits humains dans les wilayas de l’intérieur du pays.
- Le respect du droit à la liberté d’expression et de réunion pacifique, et la fin des poursuites sécuritaires ciblant les militants en raison de leur appartenance à l’opposition.
Le Comité réaffirme qu’il continuera de suivre de près l’audience prévue le 3 mars prochain et appelle la communauté internationale à surveiller de près la situation des libertés en Algérie face à la multiplication des arrestations visant récemment des journalistes et des militants.