Le Comité pour la Justice (Committee for Justice – CFJ) exprime sa vive indignation face à la décision rendue par la Cour administrative d’appel d’Alger, rejetant le recours de l’éminente défenseure des droits de l’homme, Mme Nassera Dutour, contre son interdiction d’entrée sur le territoire national. Le Comité considère que le recours de la justice administrative à des arguments de pure forme pour éviter de statuer sur le fond constitue un déni de justice flagrant et une violation du droit constitutionnel et international de regagner son pays.
Le monitoring juridique du Comité révèle que la Cour a motivé son rejet par des prétextes administratifs infondés, tels que l’expiration du passeport en décembre 2025 (bien que les faits de refoulement aient eu lieu sous sa validité) et l’absence d’une copie de la « décision d’interdiction », document que les autorités refusent systématiquement de notifier officiellement. CFJ estime que cet acharnement procédural vise à masquer une décision politique arbitraire ciblant Mme Dutour en raison de ses activités militantes.
Mme Nassera Dutour, fondatrice du Collectif des Familles de Disparus en Algérie (CFDA), a dédié sa vie, depuis la disparition de son fils Amine en 1997, à la quête de vérité sur les disparitions forcées. Elle a joué un rôle moteur auprès des mécanismes de l’ONU à Genève, notamment le Groupe de travail sur les disparitions forcées. Le Comité affirme que son interdiction d’accès au territoire national est une mesure de représailles directe pour sa coopération avec les instances internationales.
Le Comité pour la Justice (CFJ) exige des autorités algériennes qu’elles respectent leurs obligations au titre du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, notamment l’article 12 qui stipule que « nul ne peut être privé arbitrairement du droit d’entrer dans son propre pays ». Enfin, le Comité appelle la Rapporteuse spéciale sur les défenseurs des droits de l’homme à intervenir contre ces sanctions administratives et ce harcèlement transfrontalier visant les figures emblématiques du mouvement des droits humains en Algérie.