Le Comité pour la Justice (CFJ) prend acte de la signature par le Président de la République algérienne d’un décret présidentiel accordant une grâce à environ cinq mille détenus ayant réussi aux examens du brevet d’enseignement moyen, du baccalauréat et de la formation professionnelle pour la session 2025-2026.
Tout en saluant les mesures favorisant la réinsertion sociale et l’accès à l’éducation au sein des établissements pénitentiaires, le CFJ exprime sa vive préoccupation face à l’absence totale de précisions officielles concernant la situation des prisonniers d’opinion, des acteurs politiques, des journalistes et des défenseurs des droits humains incarcérés en Algérie.
Le comité estime que conditionner la libération des personnes détenues pour leurs opinions à des critères techniques — tels que la réussite à des examens — s’écarte des exigences du droit international. En effet, la privation de liberté de ces personnes constitue une détention arbitraire découlant de l’exercice pacifique de leurs droits fondamentaux. De plus, l’absence d’une grâce générale à l’occasion de la fête de l’indépendance (5 juillet 2026) renforce les craintes quant à la poursuite des restrictions sur les libertés publiques.
Le CFJ souligne que le manque de transparence entourant la publication des listes et la qualification juridique des affaires des bénéficiaires empêche tout suivi indépendant visant à vérifier si des acteurs de la société civile figurent parmi les personnes libérées.
En conséquence, le Comité pour la Justice demande aux autorités algériennes :
- Faire preuve de transparence en publiant les détails et les qualifications juridiques des personnes graciées afin d’assurer le droit d’accès à l’information.
- Décréter une grâce présidentielle explicite et inconditionnelle en faveur de tous les prisonniers d’opinion, et ordonner la libération immédiate des journalistes et activistes détenus pour leurs activités pacifiques.
- Cesser d’assimiler l’expression politique pacifique aux infractions graves afin d’empêcher l’exclusion systématique des détenus d’opinion des mesures de grâce et d’aménagement de peine.