Le Comité pour la Justice (Committee for Justice) dénonce fermement le verdict rendu par le tribunal criminel de première instance de Dar El Beïda à Alger, le 21 avril 2026, condamnant l’activiste Wafia Tidjani à cinq ans de prison ferme pour appartenance à une organisation terroriste et apologie du terrorisme.
Le CFJ affirme que la condamnation de Mme Tidjani, sur la base de l’article 87 bis du Code pénal en raison de publications sur Facebook, représente une dérive grave dans l’utilisation des lois antiterroristes pour criminaliser l’activisme pacifique. Wafia Tidjani, connue pour ses initiatives sociales et environnementales à Tizi Ouzou, se trouve sous le coup de poursuites judiciaires et en détention provisoire depuis mars 2025, dans un contexte manquant de garanties de proportionnalité et de nécessité.
Le Comité souligne que ce verdict est l’aboutissement d’une série de pressions et de harcèlements subis par Tidjani depuis le début du Hirak, allant des convocations répétées au contrôle judiciaire. Le passage des mesures de contrôle à des peines criminelles sévères reflète une escalade dans la politique d’intimidation des voix actives dans les domaines social et médiatique.
Par conséquent, le Comité pour la Justice demande aux autorités algériennes :
- L’annulation immédiate du verdict contre Wafia Tidjani et l’abandon de toutes les charges visant son activité pacifique et son droit à l’expression numérique.
- Cesser d’instrumentaliser l’article 87 bis pour criminaliser les défenseurs des droits de l’homme et les activistes sociaux.
- Assurer la protection des défenseurs des droits de l’homme et garantir leur capacité à exercer leurs activités solidaires et civiles sans crainte de poursuites judiciaires ou d’arrestations arbitraires.